Le Problème de structuration du temps et de l’espace

Les personnes présentant des TED ont toutes, à des degrés différents, des difficultés de compréhension du langage et de leur environnement. Ceci pour plusieurs raisons :

  • difficulté à comprendre tout ce qui est abstrait,
  • difficulté à comprendre l’implicite,
  • difficulté à identifier les émotions (les leurs comme celles des autres),
  • difficulté à comprendre le langage non verbal (gestes, attitudes, expressions du visage).

La compréhension du langage est littérale, attention donc aux expressions et à l’ironie ! Difficulté également à se repérer dans le temps et dans l’espace. Et ceci, quel que soit le niveau de la personne.

Tout cela peut s’apprendre, plus ou moins bien et plus ou moins vite, en orthophonie, en psychomotricité, et avec n’importe quel intervenant formé aux techniques éducatives appropriées.

En attendant, il est important que l’enfant TED qui va à l’école puisse se repérer dans la classe. Le moyen le plus efficace connu est la structuration du temps et de l’espace.

La structuration du temps se fera principalement à l’aide d’un emploi du temps, adapté au niveau de l’enfant. Pour un enfant non lecteur, on utilisera des pictogrammes, des photos, voire même des objets quand la symbolisation n’est pas comprise. Cet emploi du temps pourra être très simplifié au début et sur une courte durée, 1/2 journée par exemple ou même moins. L’utilisation d’un time-timer est également indiquée. Il permet de mesurer le temps qui passe, sans avoir besoin de savoir lire l’heure.

timerTimer2

La structuration de l’espace se fera en matérialisant bien la fonction de chaque emplacement de la classe, à l’aide d’étagères, qui peuvent aussi servir de cloisons, de tapis, d’étiquettes, de pictogrammes.

C’est en classe de maternelle que ce problème est le plus gênant car l’enfant n’a pas de place assise attribuée à l’avance. De plus, toute la classe se déplace en fonction de l’activité à venir et chacun s’assoit où il peut. Alors, imaginez un enfant qui n’a pas compris ce qu’on allait faire, où on allait le faire, ni pendant combien de temps, ni ce qui se passera après, ni à quel endroit il doit s’asseoir (car il ne saura pas forcément le choisir tout seul), ni même s’il va rentrer à la maison plus tard. il a de quoi paniquer !

Au primaire, le problème de repérage dans la classe se trouve presque résolu puisque chacun a sa place attribuée quasiment pour l’année. C’est déjà ça ! Ouf !

Donner les moyens à l’enfant autiste de se repérer dans l’espace et dans le temps, c’est comme donner un fauteuil roulant à un enfant paraplégique ou un appareil pour entendre à un enfant sourd. Le priver de ces moyens ne fait que les sur-handicaper. Utiliser ces moyens va considérablement diminuer les problèmes de comportement.

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